Dès le 7 mars au 9 mai 2026
ALAN HUMEROSE PHOTOGRAPHIE
» LES GRANDS CENTIÈMES »
Vernissage
Samedi 7 mars de 9h à 11h Au 1er étage de la Grand Rue 6 à Fribourg, Café-croissants
» Les grands centièmes de secondes égarées «
On a toujours la tête ailleurs ! On est quelque part sur la planète et on pense à son amour qu’on a laissé, qui attend, ou peut-être qui n’attend déjà plus. Ou bien alors, tout au contraire, on est avec son amour, mais on a la tête ailleurs, l’esprit arpente des espaces, à l’autre bout du monde, qui nous appellent ou qui nous ont retenus. Alors, tout à coup, on se met à voir ce qui tombe sous nos yeux comme on voit l’incroyable, on remarque des choses qu’on ne voyait plus et qui étonnent tant. L’incroyable, c’est deux fois rien nichés au cœur du quotidien. C’est un nuage dont l’ombre l’emporte sur le pittoresque d’un site grandiose et ranime une soirée lointaine en amoureux, c’est la destination gommée par les contre-jours de nids- de-poule sur une piste épouvantable d’où remonte un de ses retards insupportables pour un soir de bonheur prévu, c’est un coup de soleil sur un bateau ou une couleur dans une rue familière qu’une averse illumine jusqu’à rappeler ses boucles de cheveux ruisselant dans une salle de bain, et c’est le regard égaré dans une chambre quand on ne sait plus si l’amour s’en va ou s’il s’en vient devant un tableau avec des palmiers.
L’incroyable, c’est donc ce qui est entrevu soudainement si fort que ça nous transporte ailleurs, dans le temps et dans l’espace, loin de ce présent dans lequel on navigue et divague toujours. Dans l’éclat de cet inouï qui s’insinue subitement, comme un coup de foudre au creux d’un abandon, dans cet aveuglement imposé, incontournable désormais, on est là et on n’en revient pas, ni de son amour, ni de son voyage. On ne comprend plus rien, mais on sait que tout retour devient alors impossible, pire, inimaginable. C’est renversant !
Court-circuit dans le voyage de l’amour et l’amour du voyage le long de cette latitude inatteignable perdue dans l’espace, les grands 100èmes mutants, parallèle de la rêverie, de la mélancolie, le lieu du rendez-vous entre le passé et l’avenir, ou, si l’on préfère, là où la vie rêvée et la vie passée se confondent
Un portrait de femme et un paysage. Aucun renseignement sur les personnes ni les lieux ne vient ici parasiter la lecture puisqu’il ne s’agit pas de montrer des identités spécifiques mais de soulever des vues et des histoires possibles. Et, comme on peut lire entre les lignes d’un poème, il s’agit ici d’aller entre les images, là où ça invente, là où on découvre, ce qui d’ailleurs revient au même.
Tous renseignements restent inopérants, la photographie n’est pas ici le constat d’un événement ni le document d’un décor, elle est elle-même et l’événement et l’environnement, la rencontre et le voyage.
Chaque jour est toujours une aventure. C’est toujours toute une histoire.
Alan Humerose




